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la musique avec du sens
la musique avec du sens

Reste avec moi

Une immersion profonde dans la philosophie du mysticisme soufi. Ce titre s'inspire des fragments de la « Grande Casside » (Al-Ta'iyya al-Kubra) d'Ibn al-Farid, le plus grand poète mystique de la langue arabe.


C'est un voyage musical sur la quête de l'Unité, où le drame intime rencontre l'ascension spirituelle. Du murmure fragile du piano à l'intensité vocale du final, la chanson guide l'auditeur à travers « l'enfer de la séparation » vers la grâce véritable et la fusion dans l'amour éternel.


Genre : Atmospheric Art Pop

Paroles : Ibn al-Farid, «La Grande Casside»

Ambiance : Méditative, sacrée, émotionnelle

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Je me suis effacé, et toi seule demeures,
Visible à mes yeux tournés vers l’intérieur.
Mais dès que, revenu à moi, je revois les traits
du monde terrestre, tu disparais.


Mais tu n’entres pas, tu restes au-dehors,
tu ne t’installes pas, tu ne vis pas encore en moi.
Et d’entrer en moi-même tu ne me laisses pas,
voilà pourquoi tous ces serments ne sont que mensonge.


Ô, si, traçant ton propre chemin,
en entrant en moi tu déchires mon sein,
j’ouvre ma poitrine — entre donc, je t’en prie,
que cette douleur devienne ma félicité infinie.


Reste avec moi.
Cette douleur.
[pause]
Reste avec moi.
Accorde-moi la délivrance.


Ô, si votre esprit reste sourd à la raison,
et si l’unité des deux vous est incompréhensible,
et s’il ne fut pas donné à vos âmes
de sentir, dans l’indignité, qu’un seul est né,


Alors devant combien de dieux vous inclinez-vous ?
Ce ne furent que des idoles dressées devant vous.
Votre dieu est unique ? Mais non en vous — dehors,
non pas en vous, mais à côté, à l’écart encore.


Toi.
Unique.
[pause]
Toi.
Mon idole.


Ô, enfer de la séparation, enfer embrasé,
où tous les égarés viennent brûler.
Autrefois, moi aussi, je me scindais en deux:

tantôt m’élançant vers les cieux radieux,


Je me perdais, ivre du ciel éclatant,
puis retrouvant la terre et son lien pesant.
Je tombais du ciel tel un aigle sans ailes
et, privé des hauteurs, retrouvais ma poussière mortelle.


Mais à chaque siècle se retrouve encore
l’éternel amour, vivante aurore.
Et chaque forme, chaque taille, chaque visage
derrière le multiple cachait l’Unique.


Grâce.

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